De Henri Cartier Bresson à Willy Ronis

Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier Bresson

En avril dernier, avant de donner naissance à ce blog, je suis allée quelques jours à Paris. Je ne pouvais pas passer à côté de l’exposition Cartier Bresson à Beaubourg. j’avais alors trouvé sur un site de photographie de rue un excellent article à ce propos qui m’avait encore plus donné envie d’y aller.

« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur » Henri Cartier Bresson

Depuis, pour les anglophones, j’ai trouvé un autre article interessant : Master of moments : Henri Cartier Bresson

Comme toutes les expos d’artistes très connus à Paris, elle était particulièrement courue. En y allant un jeudi en fin d’après midi, sur les conseils du site internet du Centre Pompidou, les visiteurs étaient raisonnablement nombreux. Ils se déplaçaient par vague, laissant soudain le loisir d’apprécier les clichés rassemblés dans une pièce, puis une autre. De plus j’ai eu l’occasion de capter quelques bribes d’explications du contexte en suivant ou devançant un guide qui intervenait pour un groupe.

Les photos étaient autorisées… comme je sortais de deux musées où elles étaient interdites, c’était donc un plaisir de capter les regards ou l’attitude du public… 

En sortant de l’exposition, impossible de ne pas se laisser tenter par la boutique Beaubourg, avec tout plein de bouquins et de revues sur Henri Cartier Bresson, mais aussi d’autres photographes « de rue » qui avaient eu l’honneur d’une expo les années précédentes. Et je suis tombée sur un beau livre de Willy Ronis, que je connaissais à peine alors. Je me suis plongée dans ces photos que j’ai adoré. C’est difficile à expliquer, mais elles expriment tellement d’humanité que j’en ai été vraiment émue. Et chaque fois que j’ouvre ce livre (que j’ai bien sûr acheté) je ressens toujours la même émotion…

J’ai aussi trouvé une belle biographie sur Willy Ronis sur  esprits.nomades.com qui analyse également son travail photographique.

J’ai retenu un extrait de cet article, qui résume bien ce que j’ai ressenti en regardant ses photos : « Il a photographié au plus près de la vie quotidienne, de cette douce banalité qui entoure nos destins: scènes de rues saisies à l’instant, quartiers de Paris enluminés de tendresse,  la vie sociale avec sa dureté et sa fraternité, ses grèves, et toujours son regard saura transmettre une émotion, un regard amical. »

Ronis
Willy Ronis, Av. Simon Bolivar, 1950. Copyright sucession Willy Ronis

Citations :

Le moment où je choisis de prendre une photo est très difficile à définir. C’est complexe. Parfois, les choses me sont offertes avec grâce. C’est ce que j’appelle le moment juste. Je sais bien que si j’attends, ce sera perdu, enfui. J’aime cette précision de l’instant.
D’autres fois, j’aide le destin.

« Je ne mets pas en scène, je négocie l’aléatoire. » Willy Ronis

 Au fur et à mesure que je pratique la photo, je me nourris de photographes dont j’aime les oeuvres. Je pourrais vous parler de tas d’autres, mais je ne les connais pas encore assez.

Ils sont une source d’inspiration, et c’est important de connaitre le contexte de leur travail, et leur « philosophie ». Quand on se sent un peu frustré dans sa pratique, ou en manque d’inspiration, cela permet de se remotiver.

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J’ai pensé à écrire ce petit article après des échanges sur le blog de Tina, à propos de l’inspiration et du risque de trouver parfois sa propre pratique photo futile ou sans intérêt… ça arrive, même quand on adore prendre des photos tout le temps ! 

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Auteur : esther FR

Accro à la photo, je partage tout ce qui touche à cette passion, et de plus en plus la photographie de rue.

10 réflexions sur « De Henri Cartier Bresson à Willy Ronis »

  1. Quelle aisance pour raconter de belles histoires! Qui plus est systématique accompagnées de superbes citations toujours appropriées!
    C’est un régal pour moi de venir m’inspirer ici et acquérir un peu de culture! Merci pour toutes ces découvertes!

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    1. Merci Guilhem. J’essaie de faire passer ce que j’aime du mieux que je peux. Parfois, il faut chercher l’inspiration, parfois les phrases viennent toutes seules. Il n’est pas toujours facile de trouver la bonne longueur d’article, assez pour exprimer ce que je veux dire, pas trop long pour ne pas lasser le lecteur. Les liens vers des sites formidables permettent d’aller plus loin, ça me fait plaisir de partager mes coups de coeur.

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      1. Je comprends. J’ai moi même le problème pour écrire les articles, surtout en anglais, langue que je commence à peine à « maîtriser ». Cela demande concentration et inspiration. Mais en ce qui concerne ton écriture, laisse moi te dire que tu es parfaitement dans le ton!
        Tu serais une parfaite « curator », à mélanger ressenti personnel avec les références aux plus grands!
        Surtout continue comme cela, c’est un superbe travail!

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  2. Bonsoir Esther
    Bel et intéressant article, j’avais depuis quelques années commencé à aller visiter les expos photos un peu plus régulièrement; je m’étais auparavant beaucoup nourri de peinture. Cette expo Cartier Bresson a été la première vue depuis que je fais des photos. Je l’ai donc regardé avec un autre œil, d’autant que je fréquente certains endroits qu’il a immortalisé. Le petit film ou on le voit butiner et expliqué qu’il a beaucoup marché, arpenté pour prendre ses clichés m’inspire beaucoup; après qu’est ce que l’inspiration, des idées on peut en avoir beaucoup, mais leur mise en pratique n’est pas toujours facile.
    Quand tu parles de se nourrir de ces grands artistes c’est tout a fait ça. Cette photo de Willy Ronis me fait penser (toutes proportions gardées) à une photo que j’ai faite d’une vue d’une rue prise en haut d’un escalier avec tout un tas de gens vaquant à leurs occupations. Le fait de voir ton article me laisse penser que j’ai du inconsciemment m’en souvenir. En plus j’étais tout proche de l’avenue Bolivar c’est drôle;
    Grand jeu de la Rue Vivante à ne pas manquer
    Moi, je ne me casse pas la tête avec l’inspiration, elle vient ou pas, mais elle toujours dans un coin de la tête; les circonstances la font ressurgir.
    J’avais dans un de mes premiers post dit que je ne pensais pas la photo au bord de la mer inspirante peut être est-ce parce que la photo de rues des grands anciens ne se passent pas à cet endroit.
    En tout cas je trouve qu’à ton sujet tu n’en manque pas.

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  3. Moi aussi je commençais à faire des photos de rue (ou de plage 😉 ) quand je suis allée voir cette expo de Cartier Bresson, et je l’ai donc d’autant plus apprécié.
    J’avais vu ta photo sur Flickr, elle est presque « addictive » car on peut la regarder longtemps pour découvrir toutes les petites histoires qu’elle recèle (ou que l’on peu imaginer).
    A propos de photos de rue transposées à la plage ou en front de mer, c’est vrai, je n’ai pas de photographe connu qui me viennent à l’esprit. peut-être Martin Parr ? mais c’est un genre très particulier 😉 http://www.apar.tv/web/martin-parr-lifes-beach/

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    1. C’est assez cynique, en effet. et très saturé. Mais certaines photos sont intéressantes. J’ai un livre de lui acheté dans une solderie à Paris il y a très longtemps, « quel monde ! » dans lequel les gens sont moins « maltraités » et l’humour plus bienveillant. Mais le bouquin date de 1995… et j’ai bien la bonne heure sur mon ordi 😉 mais sur le blog, l’heure est fausse, faut que je règle le problème…

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      1. It’s funny what you and Amor are talking about because I do enjoy Parr’s work, but I saw a video of him on YouTube doing some interview. He seemed a bit arrogant but to be honest, that’s kind of what I liked about him. At least he was being real and not trying to present this other facade and I guess his work reflects that.

        I really liked the shots of people at the exhibition. It’s interesting to capture them when they are silently reflecting on what they are seeing. It’s an excellent place for photography, but it isn’t often allowed in exhibitions. I liked the shot of the person with the « Be Stupid » bag. I liked that you just photographed the bag and the legs but not the whole person. It makes you wonder about the face of the person and who they are. If they are being funny or serious with that bag.

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  4. Tina, as I said to Amor, some pictures of Parr are interesting and funny, especially when you don’t recognise the faces of people. Otherwise, it doesn’t respect them, ans it bothers me…

    The girl with the « be stupid » bag had a great look, with her boots ans black clothes. I did’nt want to embarrass her, and also I though the bag and legs was interesting compared with the other pants on the picture.

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