Bernard Descamps, passages vers l’imaginaire

Il y a 8 jours, je vous posais la question « pourquoi photographiez-vous », en reprenant le titre du Hors-Série n°20 de Réponses Photo. Finalement, je n’étais pas la seule à y avoir pensé dans notre petit monde, puisque Isabelle y répondait longuement et m’envoyait de suite le lien vers une discussion animée sur flickr (dont je ne connaissais pas l’existence), avec cette fameuse question.

J’ai noté mes propres réflexions (dont je vous ferais part plus loin) avant d’ouvrir la revue, puis je me suis installée confortablement sous le parasol pour la lire.

sous le parasol

Le magazine recevait Bernard Descamps au sujet de son actualité photographique, une prochaine exposition à l’Hôtel de Suroy à Paris et un livre « où sont passés nos rêves » qui sortira fin septembre 2015.

Les rédacteurs envisageaient de poser la question « pourquoi photographiez-vous » à de nombreux photographes, sans encore avoir décidé lesquels. Or Bernard Descamps avait eu exactement la même idée qu’eux, avait déjà posé la question à des dizaines de photographes, et avait commencé à récolter des réponses. Coup double donc  : ce hors-série met le travail de Bernard Descamps à l’honneur  puis pose la question à plus de 40 photographes très différents, et les réponses sont multiples et inspirantes.

Bernard Descamps

Ce photographe débute sa carrière au milieu des années 70, renonçant à un travail de chercheur en biologie. L’Afrique le fascine depuis l’enfance, ce sera le début de ses multiples voyages : Japon, Chine, Népal, Islande… mais il photographie aussi à côté de chez lui, en France et en Belgique. Il utilise depuis la fin des années 80 un appareil photo 6X6, et ses photos sont donc en format carré et principalement en noir et blanc. Il explique qu’il se sent à l’aise avec le 6X6, qu’un appareil  » donne la distance, détermine le rapport avec le sujet photographié ».

Citation : « Si je traite chaque fois d’un lieu, c’est pour y trouver des passages vers l’imaginaire ».

Je vous invite à en découvrir plus sur son travail à travers l’article de ce hors-série, ou sur son site :

© Bernard Descamps
ISLANDE, Seljalandsfoss, cascade, © Bernard Descamps
© Bernard Descamps
Madagascar, Sarondrano 2009, © Bernard Descamps
© Bernard Descamps
Japon, Nara 1995, © Bernard Descamps

J’aime ses compositions épurées. J’ai même découvert une photo de Royan …

Bernard Descamps
Bernard Descamps, in hors-série n°20 Réponses Photo

Ce mur aux multiples carrés m’avait inspiré en février dernier :

8/28 . Royan Palais des Congrés
Royan février 2015

Pourquoi photographiez-vous ? 

Après vous avoir posé la question, mais avant d’avoir lu l’article ou vos réponses (j’écris cet article le 11 juillet pour le poster 7 jours plus tard, je ne sais pas si je suis très claire ?!)

Voilà ce qui m’est venu spontanément, sans trop réfléchir, et sans faire de grands discours…

Capturer un moment… c’est une évidence, la photo permet de capter un instant qui n’existe plus ensuite, mais ça me fascine, et me rassure en quelque sorte, comme une bataille gagnée sur le temps qui passe…

Fougueux
New York, septembre 2014

Organiser le réel, épurer le monde… ce rectangle ou ce carré dans lequel il est possible de ne retenir – et de montrer- que ce que je vois, c’est jubilatoire. Enlever tout ce qui gêne, ne garder qu’une forme, qu’une couleur, qu’un mouvement, que ce qui me touche, m’interroge, me raconte une histoire…

Londres avril 2015
Londres avril 2015

Laisser une trace de sa façon de voir et la partager… finalement, c’est un peu un résumé des deux premières réponses, mais avec le besoin de transmettre sa propre vision et la confronter au regard des autres.

Paris mai 2015
Paris mai 2015

Finalement, c’est pour le plaisir de pouvoir de faire tout ça (quand ça veut bien) avec un instrument que je commence à apprivoiser, n’étant par ailleurs ni musicienne, ni peintre, ni dessinatrice, ni écrivain, ni danseuse, ni… etc.

Royan juillet 2015
Royan juillet 2015. Un peu à la manière de Bernard Descamps…

Merci à ceux qui ont pris le temps de répondre, alors que l’ambiance estivale n’incite pas trop à la réflexion…

Pour tous les autres, vous êtes tout excusés si vous étiez en train de faire des photos 😉

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Auteur : esther FR

Accro à la photo, je partage tout ce qui touche à cette passion, et de plus en plus la photographie de rue.

11 réflexions sur « Bernard Descamps, passages vers l’imaginaire »

  1. Merci à toi Esther, de nous livrer ta vision de la photo et des motivations qui y conduisent. Capturer l’instant est primordial, autant que le faire durer dans le temps grâce à la photo ! Laisser une trace est un désir caché par notre modestie, mais on aimerait sûrement que notre travail perdure … 🙂

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  2. Bonsoir Esther
    Une belle réponse à la question, avec ces trois photos où je te reconnais et je me reconnais complètement.
    C’est bien dit.
    J’aime bien ce reflet avec les baigneurs (moi j’aurais coupé les lignes à droite si je l’avais prise enfin peut être?)
    Intéressantes les photos de Descamps.

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    1. Merci Amor. Bon ben, si on se reconnait mutuellement, c’est déjà ça 😉 blague à part, il est vrai qu’on se retrouve souvent sur le même registre, même si pour les situations cocasses, tu as l’oeil plus acéré que moi.
      Pour les lignes floues de la dernière photo, c’est drôle, je ne les avais même pas vu : cette photo est récente, et du coup elle est chargée du souvenir allant avec, ce qui ne me rend pas très.. objective. En plus j’avais un peu de marge pour la recadrer sans ces lignes, si ce n’est que mon personnage se retrouve un peu plus centré. Je vais la poster sur flikr, tu me diras ce que tu en penses…

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    1. Merci de passer, Fernan. Le dessin est aussi un formidable vecteur pour capturer un moment, une expression, une scène. J’aime quand il est utilisé dans un carnet de voyage par exemple. Je rêverais de pouvoir le faire, mais n’en suis pas capable.

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  3. Merci pour ce lien vers le travail de Bernard Descamps. J’aime beaucoup ces compositions épurées comme tu dis, et une sorte de jeu géométrique et de lignes directrices à travers le décor ou les personnages sans trop en faire un élément principal (je me comprends mais par écrit pas facile d’exprimer le fond de ma pensée …)
    J’ai le sentiment que les raisons pour lesquelles nous photographions ne sont vraiment pas éloignées les uns des autres 🙂
    Transmettre sa propre vision, capturer l’instant, raconter une histoire, et maitriser son instrument
    Tu le dis si bien !!!!!!!

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    1. Merci Lounamai, t »inquiètes, on comprend très bien le fond de ta pensée !
      C’est vrai que les raisons se recoupent, en tout cas pour ceux qui sont passés par là. Tu l’as finalement bien synthétisé.
      Parmi les réponses données par les 40 et quelques photographes cités dans la revue, j’aime bien celle de Guy Le Querrec : « le photographe est un funanbule sur le fil du hasard qui cherche à attraper les étoiles filantes. Le réel est ma partition, à partir de laquelle mon oeil improvise ».

      Aimé par 1 personne

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